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La terre de la CHARNÉE, au Veurdre.

Claude Elphège Jourdier

Propriétaire

Régisseur

Exploitants

Mode
d'exploitation


Les Jourdier sont maîtres de la terre de La Charnée depuis leur alliance avec les Alarose, en 1778. Dès la possession de cette terre, Joseph Jourdier, procureur du roi au bailliage et présidial de Saint Pierre le Moutier, entreprend la construction d'un élégant mais modeste château. Son fils Philibert, qui réside sur place la plus grande partie de l'année, y ajoute deux ailes en 1840.

Le château matérialise ainsi l'histoire de la propriété et de ceux qui l'ont possédée. Que les propriétaires y résident ou non, sa portée symbolique est considérable. Symbole de domination pour le peuple des domaines assujettis ; symbole de notabilité pour les gens de la commune. A l'image de ses dimensions (25 fenêtres en façade sur trois niveaux), de sa localisation et de son environnement (sur un coteau aux pieds duquel s'étirent les chambonnages des bords d'Allier), de ses énormes dépendances (ses écuries et ses remises, son cellier et son pressoir où passe tout le raisin de la propriété, ses greniers immenses où s'entasse, en attendant la commercialisation, la part des grains du maître), le château affiche le statut social de son propriétaire. Ajoutons la réserve, survivance de l'autarcie domaniale et indice majeur de la prééminence sociale : en dehors des abords de prestige, 250 hectares de bois, 50 hectares d'étangs, 15 hectares de vignoble, sans compter, en propre, des champs et des près, un imposant potager et un verger.

Claude Elphège Jourdier est un homme puissant ; un notable dans tous les sens du terme.

Dans cet espace encore marqué par des références aristocratiques, il exerce une domination quasi-féodale sur l'ensemble. Politiquement, il est très lié au régime impérial ; après avoir été maire de Moulins, le voilà maire du Veurdre et Conseiller général de Lurcy. Economiquement, ses terres représentent l'équivalent agricole d'une commune moyenne de la France rurale. Socialement, la population sous sa dépendance dépasse largement 300 personnes ; rien que dans les huit domaines de La Charnée vivent 150 personnes entre 1860 et 1880. Ses revenus agricoles sont alors estimés à 75 000 F pour un capital immobilier de près de deux millions de francs. Sa domesticité est à l'image de sa puissance : trois valets, deux femmes de chambre, deux servantes, une cuisinière, une lingère, un cocher, un jardinier, un garde-chasse. Il conserve, bien entendu, la direction générale des exploitations mais, pour les affaires courantes et la gestion des domaines et des bois, il s'en remet à un régisseur qui est son unique interlocuteur auprès des exploitants. Ceux-ci ne franchissent jamais les limites du château.


Chateau de la Charnée
Le Château de la Charnée

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