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Le régionalisme dans l'œuvre d'Émile Guillaumin

Bien qu'il se distingue de la majorité de ses contemporains régionalistes par l'origine sociale et la profession, Émile Guillaumin a suivi à ses débuts un certain nombre des tendances de la littérature provinciale des dernières années du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Ses premiers essais, des poèmes à forme fixe et des histoires patoisantes, sont dans la droite ligne des modèles les plus courants des auteurs de province qui exaltent leur terroir. Cependant, Guillaumin s'en démarque par le refus de toute idéalisation et sa lucidité réaliste. Il rompt d'ailleurs rapidement avec ces deux formes d'écrits et met même en garde les jeunes auteurs contre la passion des vers ("Histoire de mes vers", appendice à son recueil de poèmes : Ma Cueillette).

On ne peut pas considérer les romans de Guillaumin comme appartenant à la littérature régionaliste. La localisation précise de La Vie d'un simple dans le Bocage bourbonnais (Franchesse, Bourbon l'Archambault, Meillers ...) ne fournit que rarement le prétexte à des descriptions topographiques, et les notations à caractère local (lieux, coutumes, expressions patoisantes) visent le réalisme et non le pittoresque. Le travestissement des noms de lieux dans Près du sol montre bien, d'ailleurs, que l'appartenance régionale compte moins pour lui que l'intrigue sociale et psychologique. A Tous vents sur la glèbe contient, en 1931, une condamnation sans appel des patois et en général des marques de différenciation provinciales.

L'intérêt d'Émile Guillaumin pour sa province natale se marque davantage dans les deux biographies qu'il a composées sur ses compatriotes bourbonnais, tous deux originaires de Cérilly : le naturaliste François Péron et l'écrivain et ami, Charles-Louis Philippe. Cependant, c'est davantage l'origine populaire des deux hommes que leur origine régionale qui semble avoir attiré Émile Guillaumin.

Le paysan-écrivain a entretenu de nombreux rapports épistolaires avec ses contemporains auvergnats, les poètes cantaliens Arsène Vernemouze et Etienne Marcenac (1874-1956), l'ancien berger cantalien devenu instituteur Pierre Besson, le romancier Antonin Dusserre (1865-1927),et bien entendu Henri Pourrat et Lucien Gachon. Plus qu'une quelconque "solidarité de terroir" - car le Bocage bourbonnais présente une identité bien distincte des monts d'Auvergne - c'est à la fois la cause paysanne, et l'activité littéraire dans un contexte rural qui semble avoir rapproché ces auteurs bien différents mais de sensibilité commune.

     
     
     
 
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