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Littérature régionaliste 
 

Historique

Le régionalisme dans l'œuvre d'Émile Guillaumin...

La "littérature régionaliste", notion apparue à la fin du XIXe siècle, constitue l'un des aspects de l'exaltation de la patrie française sous la Troisième République. A travers une abondance d'écrits émanant la plupart du temps d'auteurs provinciaux, la glorification de la "petite patrie" est conçue, ou détournée pour servir à l'élaboration d'un tableau général de la France, créant une représentation des provinces et du monde provincial qui sera véhiculé, pendant des décennies, par l'enseignement primaire.

En réaction contre le centralisme intellectuel de Paris, des associations littéraires provinciales, actives dès le début du XXe siècle, sont relayées après la Première Guerre mondiale par la Société des Gens de Lettres de Province qui organise une "Académie Goncourt" de province, où siège Émile Guillaumin avec neuf confrères. Le mouvement provincial reste cependant multiforme, les poètes locaux voisinant avec les partisans des langues régionales ou les auteurs patoisants, et les tendances littéraires avec des préoccupations plus ethnographiques.

La vogue du roman régionaliste dans le premier quart du XXe siècle se marque dans l'obtention du prix Goncourt par une majorité de romans à thème provincial : "Pendant une vingtaine d'années, le roman régionaliste rafle les prix décernés par les Goncourt [...] Les romans exotiques le supplantent ensuite [...] mais les autres prix importants [Fémina, Renaudot] distinguent aussi des œuvres rangées dans cette mouvance" (1). Il faut noter que la majorité des écrivains régionalistes n'appartient pas à un milieu populaire, les paysans comme Émile Guillaumin étant les moins représentés.

Pendant la Guerre, l'Etat Français fait du régionalisme un aspect de sa doctrine officielle de la "Révolution nationale". Y participent notamment des auteurs comme Mistral, Giono, Alphonse de Chateaubriant et Henri Pourrat, C'est à cette époque (1942) qu'Émile Guillaumin reçoit le prix Sully-Olivier de Serres couronnant l'ensemble de son œuvre. Contrairement à Pourrat, avec lequel il gardera toujours des liens d'amitié, l'écrivain-paysan se refusera cependant à jouer un quelconque rôle dans la propagande ruraliste de Vichy.

     
   
 

Carte de la société des écrivains de province
 
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Notes
     
 
     
 
1-A.-M. Thiesse, Ecrire la France, le Mouvement littéraire régionaliste de langue française entre la Belle Epoque et la Libération, PUF, 1991, pp. 201-202